Nouveau dispositif d'exonérations " travailleurs
occasionnels "
Faisons le point sur les
modalités du dispositif d'exonérations de cotisations patronales dues au titre
de l'emploi de travailleurs occasionnels ou de demandeurs d'emploi
Suite aux annonces de Nicolas Sarkozy à
l'automne dernier, la loi de finances rectificatives votée en début d'année 2010
prévoyait une refonte de la réduction " travailleurs occasionnels ".
Malgré tout de nombreuses interrogations persistées. Un décret paru le 23 avril
dernier nous apporte les précisions attendues.
Sur
les employeurs pouvant en bénéficier
Dorénavant, les employeurs
bénéficiaires de l'exonération " travailleurs occasionnels " (TO) se
définissent en fonction de deux critères :
En effet, les activités qui
permettent d'ouvrir droit aux exonérations " travailleurs
occasionnels " sont celles liées au cycle de production animale et
végétale, aux travaux forestiers et aux activités de transformation, de
conditionnement et de commercialisation de produits agricoles lorsque ces
activités constituent le prolongement de l'acte de production et sont accomplies
sous l'autorité d'un exploitant agricole.
Dès lors, peuvent en
bénéficier :
-
les chefs d'entreprises et d'exploitations
agricoles ;
-
les entreprises de travaux
agricoles ;
-
les sociétés civiles
agricoles,
-
les sociétés commerciales si leur activité
est agricole ;
-
les sociétés coopératives de production dès
lors que leur activité est liée au cycle de production animale et
végétale ;
-
les groupements d'employeurs affiliés à la
MSA et dont les adhérents ont une activité conforme.
En revanche, ne peuvent pas
en bénéficier :
-
les CUMA ;
-
les paysagistes ;
-
les coopératives de transformation,
conditionnement et commercialisation. Leurs activités ne sont pas
" accomplies sous l'autorité d'un exploitant agricole ", et de ce
fait ne correspondent pas à la définition de l'activité agricole qui permet de
bénéficier de l'exonération TO ;
Sur
la définition de " travailleurs occasionnels "
Sont considérés comme
travailleurs occasionnels, les salariés qui remplissent deux conditions se
rapportant à la nature des travaux auxquels ils vont être occupés et à la nature
de leur contrat de travail.
En effet, les salariés
doivent être affectés à la réalisation de " tâches temporaires liées au
cycle de la production animale et végétale, aux travaux forestiers et aux
activités de transformation, de conditionnement et de commercialisation de
produits agricoles lorsque ces activités, accomplies sous l'autorité d'un
exploitant agricole, constituent le prolongement direct de l'acte de
production ". Et ils doivent être employés dans des cas limitativement
définis :
-
en CDD pour des
emplois à caractère saisonnier ou pour lesquels il est d'usage
constant de ne pas recourir au CDI (exploitations
forestières) ;
-
en CDD conclus dans
le cadre de la politique d'insertion tels que les contrats Initiative
Emploi (CIE) ;
-
et exceptionnellement en CDI dans le
cadre de groupements d'employeurs.
Sur
la mise en œuvre de l'exonération
L'exonération
s'applique aux cotisations patronales d'assurances sociales, d'allocations
familiales et d'accidents du travail et aux cotisations conventionnelles
obligatoires (voir encadré). Ainsi, ses cotisations sont totalement exonérées
jusqu'à 2,5 SMIC soit 3559 € brut par mois.
|
Cotisations d'assurances sociales et
assimilées
|
Cotisations conventionnelles
obligatoires |
|
Cotisations |
Taux |
Cotisations |
Taux |
|
Assurances sociales |
Maladie |
12,80% |
FAFSEA
(**) |
0,55 à
1,6% |
|
Vieillesse (sous plafond) |
8,30% |
FAFSEA
CDD |
1,00% |
|
Vieillesse |
1,60% |
CAMARCA |
3,75% |
|
AGFF |
1,20% |
|
Allocations familiales |
5,40% |
ANEFA |
0,01% |
|
PROVEA |
0,20% |
|
Accidents du travail (*) |
2,9 à
3,85% |
AFNCA |
0,05% |
|
Service
Santé au travail |
0,42% |
Il reste seulement quelques
cotisations conventionnelles qui ne sont pas concernées pour l'exonération
" Travailleurs Occasionnels ". Il s'agit des cotisations
suivantes :
-
assurance chômage (4,00%),
-
assurance garantie des salaires
(0,40%),
-
FNAL (0,10%),
-
contribution solidarité autonomie
(0,30%),
-
prévoyance : 0,51%
-
ccomplémentaire santé : (5,66
€).
Sur
la durée d'exonération
La durée de l'exonération
est fixée à 119 jours ouvrés, consécutifs ou non, pour un même salarié et par
année civile. Passé ce délai, l'employeur a le choix : conserver cette
exonération pour l'année civile ou opter pour la réduction Fillon. Le choix de
l'employeur pourra être fait à la fin des 119 jours et même jusqu'à la fin de
l'année civile. S'il opte pour la réduction Fillon, elle s'appliquera
rétroactivement.
Sur
les formalités à accomplir pour en bénéficier
Le bénéfice des
exonérations reste conditionné à ce que l'employeur en fasse la demande dans le
cadre de la déclaration unique d'embauche ou du TESA (Titre Emploi Simplifié en
Agriculture.
Pour les
embauches intervenues depuis le 1er janvier 2010, les
employeurs qui avaient ainsi demandé l'exonération " travailleurs
occasionnels " en bénéficient sans nouvelle formalité dans les cas
conformes à la réglementation nouvelle.
Les employeurs, qui avaient sollicité le bénéfice
de l'exonération et qui ne rentrent plus dans le dispositif en vigueur
rétroactivement depuis 1er
janvier 2010, le décret du 23 avril prévoit que la réduction Fillon va
s'appliquer automatiquement sans formalité à réaliser auprès de la
MSA.
Attention ces données ne
sont pas exhaustives, pour toutes informations complémentaires, rapprochez vous
du Pôle Emploi Agricole de Haute Loire au
04.71.05.89.98.