Les producteurs laitiers, à l'appel de la FNPL, étaient
mobilisés mardi 30 mars dans l'attente de la signature d'un accord sur le prix
du lait. La Haute-Loire était aussi aux aguets...
FNPL, FNIL, et FNCL ont trouvé un accord
sur le prix du lait
du second trimestre 2010
Ce mardi 30 mars, les
producteurs laitiers étaient sur le pied de guerre... Alors que le Ministre de
l'Agriculture Bruno Le Maire réunissait autour de lui, ce jour-là à Paris, les
présidents des 3 familles de l'interprofession laitière, la FNPL (Fédération
Nationale des Producteurs de Lait), la FNIL (Fédération Nationale des
Industriels Laitiers) et la FNCL (Fédération nationale des Coopératives
Laitières), sur le département, la section laitière de la FDSEA et le Groupe
Lait des JA43, en réunion de travail, avaient sollicité un rendez-vous avec
Monsieur le Préfet Richard Didier.
Faire
appliquer l'accord
Sur le plan national, comme
sur le plan départemental, le mot d'ordre était le même, à savoir demander à ce
que les industriels laitiers respectent les termes de l'accord du 3 juin 2009.
Industriels, coopération et producteurs de lait avaient signé en juin un accord
prévoyant une hausse de 5,5 à 5,8 % du prix de base du lait au deuxième
trimestre 2010 par rapport à la même période un an plus tôt. Or, les industriels
ont, ces derniers jours notamment lors de l'interprofession du 18 mars dernier,
dénoncé ce compromis et réclamé un alignement des prix du lait en France sur
ceux pratiqués en Allemagne, estimés 15 % moins chers.
Au terme d'une négociation
difficile au Ministère de l'Agriculture, les présidents ont réussi à se mettre
d'accord. La FNIL, qui n'en voulait pas, a fini par accepter que l'accord du 3
juin 2009 sur le prix du lait s'applique pour les mois d'avril, mai, juin
prochains. Le prix va donc augmenter de 5,7 % (15 à 16 €/1000 litres) pour les
entreprises présentant un mix produit de 20 % de produits industriels, de 8,7 %
(22 €/1000 litres) pour 30 % de produits industriels et de 11,6 % (30 €/1000
litres) pour 40 % de produits industriels.
Mais le feu vert des
industriels est subordonné à une condition : la mise en place de nouveaux
indicateurs complémentaires d'ici le 31 mai et leur application au 1er juillet
prochain. L'un porte sur l'écart de prix entre la France et l'Allemagne sur
lequel les industriels ne voulaient pas transiger. Le deuxième indicateur
concerne la valorisation du beurre et de la poudre : il était proposé par la
FNCL. Enfin le troisième indice renvoie aux coûts de production et notamment
ceux des producteurs. "Ma volonté était de bâtir un nouveau modèle qui donne
plus de lisibilité et de stabilité aux producteurs, tout en préservant la force
de la filière laitière à l'exportation" s'est félicité Bruno Le Maire, à l'issue
de la réunion.
Satisfaction
Henri Brichart, le
président de la FNPL a accueilli positivement l'issue des négociations. "Je suis
satisfait qu'un accord ait pu être trouvé pour le deuxième trimestre. Pour le
reste, les choses étaient inscrites dans l'accord du 3 juin. Simplement nous
avons une date butoir. Cela va nous permettre de travailler dans un climat
d'apaisement" a-t-il indiqué. Même son de cloche chez Gérard Budin, président de
la FNCL : "cet accord va créer les conditions pour établir un dialogue
constructif et apaisé dans la filière et préparer l'avenir". Quant à Olivier
Picot président de la FNIL, il n'a pas hésité à déclarer : "nous appliquerons
l'accord à cause de la contrepartie que nous avons obtenu sur l'indice
complémentaire pour mesurer l'écart de prix entre la France et l'Allemagne".
Et le ministre de
l'agriculture veut faire de la filière laitière le laboratoire de la future loi
de modernisation agricole, notamment sur les contrats écrits et le renforcement
de l'interprofession. "Les contrats écrits seront lancés à titre expérimental
dans les prochains jours en Bretagne et en Basse Normandie" a-t-il promis. Quant
aux interprofessions, elles devront montrer leur capacité "à fixer des
indicateurs de tendance de marché", ce qui suppose "une adaptation du droit de
la concurrence à l'échelle européenne". Un chantier auquel le ministre a déjà
sensibilisé le commissaire chargé de la concurrence, Joaquin Almunia et la
présidence espagnole du Conseil des ministres. Celle-ci a d'ailleurs retenu la
proposition dans ses conclusions du Conseil des ministres du 29 mars.
Suzanne
Marion et Agra
Réactions...
Yannick Fialip
président de la section laitière FDSEA :
"On a mis la pression sur les entreprises
privées qui ne voulaient pas appliquer la hausse
attendue sur le prix du lait au 2ème trimestre, soit + 15,96 € pour arriver à un
prix de base de 275,96 € en Auvergne. Le respect de cet accord du 3 juin, pour
nous c'est le juste retour des choses au regard des engagements pris. Mais
au-delà de cet accord, beaucoup d'autres sujets sont à discuter : comment
oeuvrer sur la contractualisation avec une organisation collective des
producteurs face à leurs entreprises, mettre en place un prix différencié qui
permettrait une sécurité sur 80 ou 90 % des volumes, ou autre piste encore, la
réflexion sur une marque montagne...".
Jean-Julien
Deygas président des JA43 :
"On ne peut que se féliciter que l'accord soit
respecté. Ce n'est pas un prix euphorique, mais il est néanmoins de 55 € au
dessus du prix payé il y a un an (206 € pour certains jusqu'à 220 € pour
d'autres). C'est bien grâce à la pression exercée tout au long de l'année et
grâce à cet accord qui sert de base, que nous évitons une baisse du prix. Mon
inquiétude maintenant, c'est le prix allemand de 30 € en dessous qui risque fort
de peser sur les index et de conduire à d'importantes importations de lait vers
la France. Il faut donc continuer à nous battre pour conserver cet accord, car
sans cela, c'est la catastrophe. Et le challenge, c'est de bosser sur la
contractualisation seul outil aujourd'hui pour apporter un minimum de régulation
sur la filière.
Les producteurs rencontrent le Préfet
À midi ce mardi 30
mars, une délégation de producteurs laitiers de la Section Laitière de la
FDSEA et du Groupe Lait JA, s'est rendue à la Préfecture pour rencontrer Richard
Didier le Préfet de Haute-Loire.
L'objectif de cette
entrevue était d'expliquer au représentant de l'État, les enjeux d'un non
respect de l'accord sur le prix du lait du 3 juin dernier pour l'ensemble des
producteurs laitiers. Les responsables professionnels ont insisté sur la
nécessité de faire pression pour que les industriels signent cet
accord.
M. Le Préfet a écouté les
producteurs, et abondé dans leur sens reconnaissant qu'il fallait absolument
apaiser le climat et trouver une solution pour l'avenir de la
filière.