Agenda05/02/12 Retour à la page d'accueil Contacts Glossaires Plan du site Page précédente Page Suivante Imprimer  
    Sections / Lait
 
  Lancer la rechercheRecherche avancée






J'adhère
à la FDSEA

Agriculteur(trice), ancien(e),
je suis convaincu(e) que la Haute-Loire a besoin
d'une agriculture rémunératrice, variée, dynamique, novatrice,
et sur tout le territoire.

Je rejoins les rangs
de la FDSEA

 

FDSEA de la Haute-Loire
Immeuble Interconsulaire
16, Bld du Président Bertrand
B.P. 63
43002 LE PUY CEDEX
Tel : 04.71.02.60.44.
Fax : 04.71.02.89.90.
Email : fdsea43@reussir.tm.fr

La gestion de l'offre à la Canadienne

Avec la maîtrise du dispositif par les producteurs, un prix stable et élevé de la production, une transformation dynamique, le modèle laitier canadien apparaît comme un système fascinant.

Le système de gestion de l'offre laitière au Canada a été mis en place dans les années 60 dans un contexte de chaos, de récession et de désorganisation de l'industrie laitière. Le gouvernement a alors donné les moyens juridiques aux producteurs de lait de regrouper l'offre de lait et de négocier les conditions de vente avec les entreprises laitières. Le régime est fondé sur trois éléments clés :

  • L'établissement des prix payés au producteur lié au coût de production,
  • L'établissement des niveaux de production en fonction des débouchés intérieurs canadiens
  • Le contrôle des importations avec des droits de douanes élevés.

Après avoir étudié ce modèle dans le détail, la FNPL a conclu que le système canadien n'était pas aussi idyllique qu'il y paraissait. Au Canada "le revenu agricole familial est équivalent à celui des fermes françaises, les coûts de production sont élevés, le prix du quota lait est exorbitant contre la gratuité en France, la restructuration des élevages n'est pas limitée (-4,5% d'exploitation par an)".

Non applicable en France

Pour la FNPL, le modèle canadien n'est ni applicable en France, ni en Europe : "La transposition en France impliquerait un repli sur le marché intérieur français donc un tiers de production en moins, et autant de producteurs en moins. Cela impliquerait également la fermeture des frontières pour limiter les importations. Il n'est pas utile d'illustrer plus, pour comprendre qu'un tel schéma se heurterait à la règlementation européenne.

...ni en Europe

Concernant l'Europe, "l'UE à 27 exporte environ 8-10 % de sa production sur pays tiers (hors UE). Un modèle de gestion de l'offre à la canadienne conduirait donc à une baisse de la production de 12%. Ce taux moyen cache de fortes disparités : aux Pays Bas, 66 % de la production est exportée et 75% au Danemark à comparer à 30 % en France. Ces chiffres mettent en évidence des stratégies clairement exportatrices de nos collègues danois et néerlandais qui ne sont absolument pas convaincus de l'intérêt de la maîtrise de production. Ce point est pourtant un élément fondamental du dispositif.

L'Union européenne n'est pas un Etat mais un regroupement d'Etats aux stratégies très différentes.

La mise en place de la gestion de l'offre au niveau communautaire nécessiterait, en outre, que l'administration européenne confie les pleins pouvoirs d'encadrement du secteur à une organisation de producteurs européennes. La direction générale de la concurrence à la commission européenne n'est clairement pas sur cette ligne politique. Cette position reflète d'ailleurs celle d'une large majorité de pays de l'Union européenne".

L'OMC ne va pas du tout dans le sens de ce modèle laitier. "Les discussions à l'OMC dans le cadre du cycle de Doha s'inscrivent dans une libéralisation accentuée des marchés. Le dispositif de droits de douane (taxe à l'importation) se trouve directement dans le collimateur de l'OMC".

CHIFFRES CLES

      • Production laitière canadienne : 13 500 fermes laitières , 8,2 millions de tonnes
      • Troupeau moyen : 72 vaches, Production moyenne : 550 tonnes
      • Production laitière française : 90 000 exploitations, 24,7 millions de tonnes.
      • Troupeau moyen : 45 vaches, Production moyenne : 270 tonnes
      • Production laitière UE 27 : 150 millions de tonnes

 

"Le modèle canadien est inapplicable en France comme en Europe"

Gilbert Guignand, président de la FDSEA, explique l'impossibilité de transposer le modèle laitier canadien chez nous.

Depuis quelques mois, certaines personnes font l'éloge du modèle laitier canadien et prônent l'application de ce système sur nos terres. Que pensez-vous de cette perspective ?

Gilbert Guignand : Ce modèle n'est pas applicable en Europe qui se caractérise par sa grande diversité du point de vue politique et agricole. La France représente une voix sur 27 et l'on connaît la sensibilité libérale des politiques comme des producteurs dans les pays du Nord de l'Europe !

Rappelons aussi que l'Europe a toujours exprimé sa volonté d'être exportatrice en matière agricole ; or, le modèle canadien induit une réduction des exportations et un repli sur le marché intérieur.

Au canada, les producteurs négocient les conditions de vente du lait, or de telles pratiques pourraient nous plonger dans l'illégalité vis-à-vis de l'Europe ; et je ne voudrais pas que la FNSEA, JA, FNPL et FNB  soient de nouveau accusés et sanctionnés pour entrave à la libre concurrence par l'UE pour s'être entendus sur des prix avec l'aval, tout comme en 2001.

Les directives européennes empêchent l'application d'un tel système.

Et en France, le système laitier canadien est-il transposable ?

Gilbert Guignand : Ces derniers mois, nous avons constaté que lorsque le prix du lait français augmentait, les laits allemands (mois chers) envahissaient les rayons de la grande distribution. Et c'est tout à fait utopique de penser qu'il est possible de fermer nos frontières ! N'oublions pas que nos dirigeants politiques français et européens utilisent l'agriculture pour vendre de la technologie dans les pays tiers. Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu'un accord devrait malheureusement être conclu cette année à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ; cet accord devrait induire une ouverture encore plus importante des frontières européennes.

Ce modèle ne paraît donc pas adaptable chez nous. Quelles autres solutions proposez-vous pour assurer l'avenir de la production laitière en France et dans nos zones ?

Gilbert Guignand : La FNPL avait créé une marque de lait "Le lait d'ici" devenu "Le lait de France" qui connaît aujourd'hui un certain succès auprès du consommateur français. C'est donc une solution pour inciter les français à préférer le lait de chez nous. L'avenir se trouve dans la différentiation de notre lait. Il faut par ailleurs trouver de nouveaux outils de régulation ; notre Ministre de l'Agriculture parle de contractualisation et d'organisation des filières auxquelles nous devrons nous adapter. Vivement que la crise économique soit terminée ! Les français pourront alors consommer davantage et on réglera une partie du problème des excédents laitiers.

propos recueillis par Véronique Gruber

 

"Pour transposer ce modèle, il faudrait réduire les volumes produits de 12%"

selon Jean Julien Deygas président des Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire.

"Le système canadien est géré par les producteurs ; c'est un système très restrictif au niveau des volumes puisqu'ils produisent seulement pour le marché intérieur. Ce modèle paraît plutôt séduisant car il permet aux producteurs d'obtenir un prix du lait relativement élevé. Toutefois je relève un certain nombre de problèmes ; ce système implique la fermeture des frontières avec des droits de douanes très élevés (200 à 300 %). Or, chez nous, je ne vois pas comment il serait possible de fermer nos frontières, d'autant que la commission européenne s'oriente davantage vers la libéralisation des marchés qu'autre chose.

Pour transposer ce modèle en Europe, il faudrait également réduire les volumes produits de 12%. Alors, qui va être chargé de désigner les producteurs qui pourront continuer à produire et ceux qui devront changer de métier ? En tout cas, ce ne sera pas moi !

Si les volumes de production sont appelés à être réduits, les entreprises qui collectent le lait auront vite fait leur choix de collecte entre l'Ouest de la France et nos zones de montagne !

On constate également que notre revenu (à l'exception de celui de 2009) n'est pas forcément très inférieur à celui des producteurs canadiens.

Je note également que le prix du lait très élevé au Canada n'a pas empêché la forte restructuration des fermes canadiennes (disparition des producteurs de lait au rythme de 4,5% par an).

Enfin, les quotas payants n'encouragent absolument pas l'installation des jeunes dans ce pays.

De surcroît, qu'adviendra-t-il de la gestion de l'offre laitière au Canada lorsqu'un accord à l'OMC dans le cadre du cycle de Doha sera conclu  ?".

propos recueillis par Véronique Gruber

 

"Un peu de vérité"

par Yannick Fialip, président de la Section laitière de la FDSEA.

"La crise laitière actuelle a fait naître des mouvements syndicaux idéalistes répandant de fausses informations que nous tenons à rectifier. En effet, certains prétendent que le prix du lait en Allemagne atteint des sommets ; sur janvier et février, malheureusement, nos collègues allemands seront réglés entre 260 et 270 e la tonne. Ensuite, pour améliorer le prix du lait en France, il suffisait de restreindre notre production. Le taux de réalisation du quota France, sur la campagne actuelle, sera seulement de 90 %, tandis que pour nos voisins Allemands, il sera de 100%, ce qui leur a permis d'envoyer des milliers de litres de lait sur notre marché à bas prix. Autre idée en circulation, l'office du lait Européen, beau projet en soit si on pense qu'il s'agit de se mettre autour d'une table avec les autres producteurs Européens pour s'entendre sur la gestion des volumes... L'année écoulée nous a montré que pendant que certains maîtrisaient l'offre, d'autres en profitaient pour produire plus. De plus cet office du lait mettra en compétition un producteur Danois ou Hollandais à 1,5 millions de litres de lait avec un producteur à 200 000 litres de nos régions de montagne. Si on veut accélérer le déménagement de notre territoire il n'y a pas mieux à faire. Depuis des années le réseau FNSEA a porté un projet alliant les hommes, les produits et les territoires. Le projet laitier aujourd'hui tourne autour de 3 thématiques :

une organisation de producteurs à l'échelle de bassin laitier sur des territoires comme le Massif Central pouvant contractualiser collectivement avec des entreprises.

Un système de prix différenciés garantissant un volume A à une valorisation marché français et un volume B optionnel à un prix du marché mondial.

Un travail sur la valorisation et l'identification des produits laitiers de nos régions (montagne - AOC - Bio).

Vous voyez, face à un monde qui bouge, de plus en plus compétitif, que nous n'avons pas demandé, nous choisissons de relever la tête et de mener à bien le projet des agriculteurs de nos régions sans effet d'annonce et sans démagogie.

Rappelez vous en septembre dernier il suffisait de jeter du lait pour avoir un prix à 400E/T, où en est-on aujourd'hui ? Combien de pertes pour ces agriculteurs qui se sont laissés emmener dans une impasse où on a volontairement joué avec le désarroi de certains producteurs ?

Avoir les pieds sur terre, avoir le sens des réalités, appréhender l'avenir avec sérénité sont les valeurs du monde paysan. Ne perdons pas tout cela pour des rêves imaginaires, sinon nous perdrons notre identité agricole".

Retour à la page d'accueil Contacts Glossaires Haut de page Page précédente Page Suivante Imprimer  

Gilbert Guignand, président de la FDSEA.

 

Jean Julien Deygas, président des JA 43.

 

Yannick Fialip, président de la Section laitière FDSEA.