"Nous avons besoin d'un syndicalisme d'avenir..."
Gilbert Guignand,
de retour d'Auxerre, pouvez-vous nous décrire l'ambiance générale du Congrès
2010 de la FNSEA ?
"L'ambiance de ce congrès était plutôt bonne, même si on ressentait que
les plaies laissées par le Bilan de Santé de la PAC ne sont pas encore
refermées... On note cependant une
réelle volonté de rediscuter entre éleveurs et céréaliers ; alors que ces
derniers n'avaient jamais voulu discuter avec nous, persuadés de ne pas être mis
à contribution à cette hauteur. Ils ont été très secoués par ce Bilan de santé
de la PAC qu'ils appellent d'ailleurs le Bilan Barnier ; ils en veulent beaucoup
au Ministre... mais, il n'y a pas d'animosité entre céréaliers et
éleveurs".
Revenons au thème même du Congrès à savoir "un
nouveau syndicalisme pour rassembler et agir", thème qui a d'ailleurs été choisi
par la Haute-Loire pour son congrès départemental le 12 mars dernier. Quel devra
être le syndicalisme de demain ?
"La FNSEA a travaillé sur 2 orientations : la communication et le réseau.
Premier constat, il faut améliorer et privilégier la communication interne,
c'est à dire avec nos adhérents. Nous devons dire ce que fait la FNSEA, pourquoi
elle le fait, et comment elle le fait. Et de même, cette réflexion s'applique à
l'échelon régional et bien sûr départemental.
L'autre point important, c'est la communication vers l'extérieur, vers le
consommateur, vers le citoyen... et ce par rapport à notre métier.
Pour développer cette communication et pour mieux la cibler, nous devons
nous approprier les nouveaux moyens de communication comme Internet,
SMS...".
Qu'en est-il de la réflexion sur le réseau de la
FNSEA, qui a toujours été présenté comme un pilier du syndicalisme
?
"Oui, notre réseau c'est notre force. Mais nous devons le renforcer à
tous les niveaux, local, départemental et national. Il faut étoffer le nombre de
responsables. On est trop peu nombreux à s'investir et on retrouve toujours les
mêmes partout. Il faut redynamiser notre réseau. On l'a vu à travers la table
ronde qui réunissait des représentants de l'Allemagne, la Hongrie, l'Angleterre,
l'Espagne ou encore l'Irlande, si on est tous d'accord pour garder le budget
alloué à l'agriculture, derrière le mot régulation il y a autant de définitions
que d'intervenants. Alors, demain, pour préparer l'après 2013, nous devons
rassembler pour être force de propositions".
Vous avez fait une intervention remarquée au cours
de ce congrès... ?
"Oui, j'en ai assez des lamentations, même si le contexte est
difficile. Je ne veux pas d'un syndicalisme de pleureuses. Nous avons besoin
d'un syndicalisme d'avenir et de propositions. On doit positiver sur notre
métier...".
Propos recueillis par Suzanne
Marion