AGRICULTURE DE GROUPE DE LA HAUTE-LOIRE
Les sociétés agricoles dans le département de la Haute-Loire
Le regroupement sociétaire évolue tous
les ans. Les associés de sociétés en retirent divers avantages.
1-
L'installation des jeunes en milieu sociétaire permet de reprendre une
exploitation à un coût moindre que la reprise d'une exploitation individuelle.
En effet, quand la société est composée de plusieurs associés, ce n'est pas une
exploitation entière qui est reprise mais une partie du capital social détenue
par l'associé sortant. Ceci permet donc de s'installer en minimisant le montant
des emprunts finançant la reprise.
2-
Les
femmes souhaitent aujourd'hui que leur place soit reconnue comme celle des
hommes. Pour faire valoir cette reconnaissance, elles n'hésitent pas à suivre
des formations et obtenir la capacité professionnelle leur permettant par la
suite de devenir membre à part entière d'une société quand leur installation se
fait dans ce cadre. Bon nombre deviennent associées d'une société existante
(entrée dans un GAEC ou une EARL). Pour celles qui s'installent avec leur
conjoint, on ne peut que créer une EARL ou SCEA puisqu'un GAEC avec deux
associés uniquement qui sont concubins ou mariés est interdit. Le cadre
sociétaire est ici bien adapté à leur souhait puisqu'elles y retrouvent toute la
souplesse dans l'organisation des travaux avec leurs associés, le partage du
temps de travail, des résultats.
3-
Certaines
créations de société n'ont pas d'autre objectif que la transmission de
l'exploitation que ce soit dans un cadre familial ou non. En effet, le cédant
peut durant quelques années transmettre progressivement son savoir faire, son
capital à une autre personne. Ceci permet à celui qui part de se retirer
sereinement et à celui qui reste d'avoir pu profiter d'une transmission plus
lente et peut être mieux adaptée à sa situation. De plus, aujourd'hui, les
préretraites n'existant plus, certaines personnes auraient souhaité " lever
le pied ". Cette solution, de création de société permet d'installer quand
le repreneur est prêt sans attendre la retraite de celui qui cède et de soulager
ce dernier.
4-
Bon
nombre de créations de société ou regroupements d'exploitation n'ont pas d'autre
objectif que la quête d'une meilleure qualité de vie. En effet, la mise en
commun du travail permet aux exploitants de pouvoir se dégager du temps pour
leur vie de famille, mais aussi leur vie associative, syndicale... Aujourd'hui, il
n'est pas question que cette profession ne profite pas comme les autres de temps
libres, d'accès à tel et tel service... Le regroupement leur permet ainsi d'avoir
un dimanche sur deux de libre voire pour certains un week-end sur deux et de
profiter de jours de vacances.
5-
La
conjoncture agricole est de plus en plus difficile : crise des productions
(lait, ovine, porcine...). A cela, s'ajoutent la sécheresse de cet été, les
épizooties. Tout ceci rend l'avenir très incertain. En se mettant en société,
les exploitants recherchent le partage des responsabilités, des soucis. Ils se
soutiennent financièrement, moralement, physiquement. Ils peuvent par là même
réaliser des économies d'échelle à une époque où les prix des productions
n'évoluent pas voire baissent alors que les charges augmentent. Un certain
nombre de projets ont pour objectif la construction en commun d'un bâtiment
agricole permettant ainsi de minimiser les coûts (pour eux mieux vaut construire
un gros bâtiment que deux moyens).
6-
A côté de
ces formes sociétaires de productions agricoles, se développent d'autres
sociétés mais avec un objectif tout autre.
a.
En effet,
les CUMA voient leur activité évoluée. Les agriculteurs préfèrent aujourd'hui
prendre des parts dans une telle société et pouvoir profiter de matériels
performants plutôt que de les acquérir à titre privé. Le coût est
moindre.
b.
Des
sociétés de type commercial (SARL, SAS,...) sont créées. Les agriculteurs
aujourd'hui diversifient leurs sources de revenus. Ils utilisent leur outil de
travail pour d'autres activités que celles agricoles comme par exemple les
énergies renouvelables.
Des panneaux photovoltaïques sont
posés sur les toitures des bâtiments agricoles, des éoliennes sont installées
dans les prés... Ces activités ne pouvant pas être exercées par des sociétés
agricoles, ils sont amenés à investir dans des sociétés commerciales. De même,
la diversification, l'agrotourisme conduisent des exploitants à créer des
structures pour vendre en commun leur production. Ce type de sociétés est appelé
à se développer. L'agriculture de groupe se doit d'être ouverte à ceci et
sensible à ces évolutions qui peuvent être génératrices de plus values pour les
exploitants agricoles.
Pour les aider dans leur réflexion, ils
sont accompagnés par des conseillers et juristes de CER France Haute-Loire.
Les activités de la Commission Agriculture de Groupe en 2008-2009
Depuis plusieurs années,
l'agriculture de groupe a, avec les JA 43, l'ADASEA, les lycées agricoles, les
CFA et les CFPPA, le souci de promouvoir l'agriculture sociétaire. L'objectif
est de faire connaître aux jeunes ce qu'est une société, quel avantage y a-t-il
à être exploitant en société, et leur donner les outils pour savoir où se
renseigner. Pour ce faire, des rencontres avec les lycéens ont lieu. Elles
allient le témoignage d'un agriculteur membre d'une société, les connaissances
des techniciens de l'agriculture que ce soit sur le montage sociétaire, le
parcours et le répertoire à l'installation. Cette demi-journée permet aussi
d'insister sur l'importance du relationnel dans les sociétés y compris celles
familiales.
La formation des futurs associés de
sociétés agricoles est toujours d'actualité. Des sessions de trois jours sont
réalisées par les juristes et conseillers de CER France Haute-Loire pour
permettre aux participants d'avoir une pleine maîtrise de leur projet que ce
soit sur les enjeux humains, financiers, économiques et successoraux. Ces trois
jours permettent aussi aux participants d'échanger sur leur crainte, leur
projet... Avec la mise en place du nouveau parcours à l'installation, cette
formation rentre dans le cadre du PPP. Les jeunes souhaitant s'installer avec
les aides dans un cadre sociétaire doivent avoir validé cette formation avant le
passage en CDOA.
L'agriculture de groupe a le souci de
toujours rester en veille sur les pratiques départementales en participants au
Congrès de l'ANSGAEC qui se déroule tous les ans dans une région différente.
Veille aussi sur le plan législatif et réglementaire en participant à des
réunions régionales de formation et d'information des membres de la commission
mais aussi des conseillers juristes du CER France Haute-Loire afin que leurs
conseils soient les plus appropriés aux besoins des agriculteurs. La commission
d'agriculture de groupe est aussi représentées au Comité d'Agrèment des GAEC par
son Président qui est là pour insister sur l'importance du travail de cette
commission et s'assurer que les décisions qui y sont validées soient
respectées.
La Commission agriculture de groupe est
aujourd'hui consciente d'un problème : celui du relationnel entre associé.
En effet, un certain nombre de sociétés sont créées avec comme objectif
principal de faire des économies d'échelle essentiellement par la construction
d'un bâtiment. Cependant, les futurs associés oublient ou négligent le fait
qu'ils vont devoir travaillet ensemble 7 jours sur 7. La commission souhaiterait
mettre en place une sorte de " GAEC à l'essai ". Pour ce faire, une
dizaine de personnes membres de cette commission se sont rendues en Haute-Savoie
pour rencontrer la commission agriculture de groupe de ce département qui a mis
en place cette forme de GAEC. Il s'agit d'une période de 1 an durant laquelle
les futurs associés gardent leur statut actuel (exploitant à titre individuel,
salariés ou stagiaire sur une exploitation) mais mettent en commun leur outil de
travail (cheptel, matériel,...). Cette période dure maximum 1 an. Cela permet
aux candidats de s'apprivoiser et de voir s'ils sont faits pour travailler
ensemble. Dans ce département, ils ont constaté que 45% des GAEC à l'essai
n'aboutissaient pas. Notre commission réfléchit donc à la mise en place d'une
telle solution dans notre département afin d'éviter la création de sociétés qui
doivent être dissoutes moins de cinq ans après. Dans de tels cas, les
conséquences humaines et financières sont loin d'être négligeables. Une
rencontre avec la DDEA a eu lieu pour étudier une éventuelle mise en place d'une
telle solution dans notre département.
Toujours dans un souci d'améliorer la
réflexion des futurs candidats à la création ou à l'entrée dans une société sur
le plan relationnel, la commission agriculture de groupe a organisé trois
journées durant lesquelles les GAEC Accueil ont pu réfléchir et s'exprimer sur
leur rôle. Un GAEC accueil est une structure qui accepte de recevoir des futurs
membres d'un GAEC pour partager avec eux des difficultés mais aussi des points
positifs de cette structure. La commission est persuadée que c'est un atout pour
ceux qui envisagent de créer un GAEC. Cependant, cette visite autrefois
obligatoire et ressentie comme une contrainte n'est aujourd'hui qu'une
possibilité pour les futurs associés. Cette faculté a fait qu'un nombre
négligeable en profite amenant ainsi les GAEC Acceuil à se poser la question de
leur utilité. Ces trois jours ont permis de refaire le point, de partager entre
les participants et d'en retenir que cette possibilité d'accueil et de partage
devait être maintenue.
Un salarié du CER France Haute-Loire a
suivi une formation sur la gestion des conflits dans les sociétés. Elle lui
permet ainsi de faire partie du réseau des accompagnateurs validé par GAEC et
Sociétés. Son rôle est de discuter avec les associés de sociétés lors de crise
dans leur société ou de rencontrer des futurs candidats à l'installation
sociétaire pour voir si le projet ne risque pas d'être compromis par des points
sur lesquels les futurs associés n'ont pas discuté. Ce rôle de médiateur est
préconisé pour permettre d'éviter certains clashs.
Les projets de l'agriculture de groupe et le maintien des activités
existantes
Il est important pour la commission
agriculture de groupe de poursuivre sur les axes suivants :
- La sensibilisation des jeunes à
l'importance et aux avantages de l'installation sociétaire. Il est convenu avec
les JA43, l'ADASEA et les organismes d'enseignements de poursuivre les journées
d'intervention dans les établissements. Ceci permet au moins une fois aux futurs
candidats à l'installation d'avoir entendu parlé des sociétés agricoles et des
avantages qu'elles procurent sur le plan économiques, financiers et humains.
- Les futurs associés de GAEC lors d'une
création ou d'un regroupement d'exploitations sont invités à présenter leur
projet devant le Comité Départemental d'Agrément. La commission agriculture de
groupe tient à ce que ce fonctionnement perdure. Il permet de sensibiliser les
associés sur l'importance de ce comité qui accorde la transparence, de leur
faire comprendre que l'agrément n'est pas qu'un simple formalisme et qu'il
existe des gens derrière cette instance qui sont là pour s'assurer que l'esprit
GAEC est bien respecté dans le projet présenté.
- Le CER France Haute-Loire a constaté
que son salarié ayant profité de la formation d'accompagnateur dans le
relationnel entre associés avec une demande importante d'intervention. Une
réflexion est en cours pour savoir s'il ne serait pas opportun de former
d'autres personnes à cette mission afin de pouvoir faire face plus rapidement
aux attentes des agriculteurs.
- La commission agriculture de groupe
tient à continuer sa réflexion sur les GAEC Accueil en motivant de nouveaux GAEC
pour intégrer l'équipe et en réfléchissant aux moyens qui permettront de
sensibiliser plus, les futurs associés de GAEC à la chance qui leur est offerte
de pouvoir discuter avec des paires déjà membres d'une telle société. Des paires
qui acceptent de partager sur le mode de fonctionnement au quotidien mais aussi
sur les difficultés. La réflexion sera aussi poursuivie sur la possibilité de
mettre en place le GAEC à l'essai. Une nouvelle rencontre devrait avoir lieu
avec la DDEA pour voir les modalités pratiques qui seraient acceptées par cette
administration. Il est ensuite prévu de rencontrer les services fiscaux et les
services vétérinaires. Si toutes ces administrations acceptent, la commission
envisage de mettre en place les GAEC à l'essai au cours de l'année 2010.
- Les membres de la commission
agriculture de groupe ont suivi une formation de 2 jours animée par un
consultant dans les relations humaines. Elle avait pour but de redynamiser notre
commission en donnant aux membres plus de moyens de mieux se connaître et de
travailler ensemble efficacement à la promotion des formes associatives.
L'avenir de l'agriculture de groupe de la
Haute-Loire est assuré. Les thèmes à traiter ne manquant pas, cette commission a
tout son rôle à jouer dans l'agriculture de notre département.
Quelques éléments chiffrés
Dans la période du 1er septembre 2008 au 31 août 2009, les statistiques
ci-après confirment une activité toujours soutenue.
Le nombre des sociétés est le suivant :
Sociétés en activité : GAEC
637, EARL-SCEA 318 soit un total de 955.
Sessions de
formation réalisées
auprès des candidats à la création ou à l'entrée dans une société : 8 sessions de 3
journées.
Comités d'agrément réalisés : 8 séances.
Les travaux
juridiques selon le type se société se répartissent comme suit :
|
|
GAEC |
EARL
SCEA |
|
Créations |
24 |
13 |
|
Transformations |
11 |
4 |
|
Modifications |
94 |
9 |
|
Dissolutions |
9 |
9 |
Interventions dans les centres de
formations : 3 en demi-journée.