La FDSEA et sa section départementale des
anciens exploitants ont décidé de
se mobiliser pour défendre les retraites agricoles.
Mobilisation
pour les retraites agricoles,
lundi 6 septembre devant la Préfecture
La SDAE et la FDSEA organisent un rassemblement pour déféndre une
amélioration des retraites et demander que leurs revendications soient prises en
compte dans le cadre du projet de loi de réforme des retraites fomulé par le
gouvernement.
Anciens et actifs concernés
La SDAE appelle tous les anciens exploitants ainsi que les actifs qui,
comme le rappelle Jean Beraud, président de la SDAE, se trouvent directement concernés par la
réforme des retraites, à se mobiliser. Lundi 6 septembre, les manifestants
rejoindront la Préfecture de Haute-Loire, le lieu de rassemblement choisi. La première revendication des anciens
exploitants concerne le montant des
retraites agricoles. «Pour une
carrière complète, ces dernières ne représentent que 70% du SMIC contre 75% en
2003. Nos retraites diminuent, notre pouvoir d’achat est en chute libre. Nous
souhaitons obtenir des retraites équivalentes aux autres catégories
socio-professionnelles (CSP). Aussi nous demandons des retraites minimum à 85%
du SMIC». Le projet de réforme des retraites prévoit le relèvement de l’âge
d’ouverture des droits de 60 ans à 62 ans. La SDAE considère ce point comme très
pénalisant «puisque notre retraite sera toujours calculée sur 150 trimestres
alors que les trimestres cotisés seront de 166 en 2018 (contre 162 en 2010). Non
seulement les actifs vont travailler plus longtemps mais en plus ce sera pour
une retraite dont le montant ne s’élèvera pas ! » constate avec agacement
Jean-Claude Chalencon, président de la SRAE. La SDAE demande que l’âge légal de
départ à la retraite soit maintenu à 60 ans. La SDAE dénonce également la
disparition des pré-retraites
depuis 2008 ; cette décision est considérée comme un net recul par les
exploitants agricoles. «Grâce à la pré-retraite, les agriculteurs victimes de problèmes de santé avaient
la possibilité de mieux terminer leur carrière. Les pré-retraites permettaient
également à des jeunes de s’installer. Aussi, nous demandons leur rétablissement
ou bien pourquoi pas l’application d’un autre système de pré-retraite (peut-être
sous la forme d’une aide à la cessation de l’exploitation…)» a indiqué
Jean-Claude Chalencon. Les anciens exploitants et toute la FDSEA se mobilisent
sur un autre point : la pénibilité du travail en agriculture. La réforme des
retraites prend en compte la pénibilité du travail des salariés individuellement
mais occulte totalement celle des exploitants agricoles. «Ces derniers débutent
pourtant souvent très jeunes leur carrière et travaillent à l’extérieur par tous
les temps (froid, chaleur, humidité…). Les travaux de force que nous sommes
amenés à réaliser et la manipulation des animaux, occasionnent des problèmes de dos,…
C’est totalement anormal que la pénibilité de notre travail ne soit pas prise en
compte !» précise JC. Chalencon. La SDAE demande le rétablissement de la demi
part fiscale pour les veufs et les veuves. «Ce sont encore les personnes les
plus affaiblies moralement et financièrement qui vont être pénalisées par la
disparition de cet avantage fiscal» remarque Jean Beraud. Toujours dans le
domaine fiscal, il ajoute : «nous estimons qu’un couple de retraités déclarant un revenu
fiscal en dessous de 20 000 euros ne devrait subir aucun prélèvement (Impôts,
CSG, taxe d’habitation…)». Dans un souci d’égalité avec les autres régimes de
retraite, la SDAE demande la prise en compte des 25 meilleures années pour tous
les régimes. «Ainsi pour les polypensionnés, ce sont les 25 meilleures années de
leur carrière qu’il faudrait prendre en compte pour le calcul des pensions». La
SDAE et la FDSEA s’élèvent contre la décision de faire travailler jusqu’à 67 ans
(pour éviter toute minoration) tous ceux qui ne bénéficient pas d’une carrière
complète. La section demande fermement une retraite complémentaire pour les
conjoints ou conjointes d’exploitants et les aides familiaux, et ce sur les
mêmes bases que pour les exploitants. «Plutôt que de mettre sur pied une
telle réforme, il aurait été préférable de relancer l’emploi et la croissance et
ainsi permettre aux jeunes sans emplois de travailler !» conclu Jean-Claude
Chalencon.
Véronique Gruber
Positionnement de la FNSEA sur la
réforme des retraites
Relèvement de l’âge de la retraite
Pour la FNSEA, le report de l’âge permettant une liquidation de la
pension sans minoration pour des personnes ne justifiant pas d’une carrière
complète est une mesure extrêmement pénalisante pour les conjoints d’exploitants
qui ont déjà par ailleurs les plus faibles retraites. Bien souvent, ces
personnes, notamment celles qui partent actuellement à la retraite, ont débuté
leur activité sans aucun statut social. Elles se trouvent ainsi doublement
pénalisées : d’une part, elles ont des pensions de très faibles niveaux (le
statut de conjoint collaborateur leur permettant d’acquérir des points de
retraite proportionnelle datant de 1999), d’autre part, pour ne pas perdre 25 %
de leur pension (taux de décôte pour 5 années manquantes), elles devront
dorénavant attendre 67 ans pour liquider leur pension. Pour la FNSEA, il aurait
été juste de maintenir l’âge de liquidation sans minoration à 65 ans afin de
reconnaître la situation des conjoints. Concernant le report de l’âge de 60 ans,
il semble, pour la FNSEA, que le projet de loi omet de traiter la situation des
personnes et notamment des non salariés agricoles qui subissent des fins de
carrière difficiles, que ce soit pour des raisons de santé ou de conditions
économiques. Les préretraites agricoles qui ont autrefois permis cet
accompagnement, ont été supprimées en 2008 pour des raisons plus idéologiques
que financières (le préretraité percevant au plus 7 000 € par an…). Il est
indispensable de remettre sur pieds un dispositif d’accompagnement des fins de
carrière. Les non salariés agricoles ne peuvent en effet pas bénéficier des
allocations chômage et au-delà de 55 ans, ils sont un public vulnérable sur le
marché du travail.
Age de départ à la retraite en cas de pénibilité
Les conditions de prise en compte
de la pénibilité (examen individuel sur la base d’une incapacité permanente de
plus de 20 % résultant soit d’une maladie professionnelle, soit d’un accident du
travail) sont extrêmement restrictives et ne permettent pas de tenir compte de
l’usure, notamment liée à l’exercice de certains métiers agricoles. Pour la
FNSEA, une approche par métier aurait permis une plus grande équité. Il nous
semble que le fait d’avoir subi un accident du travail ne soit pas un bon
critère de prise en compte de la pénibilité d’une activité… Le projet de loi tel
qu’il est écrit, exclut les non salariés notamment agricoles. La question de la
pénibilité serait ainsi réservée aux seuls salariés. Cette exclusion impose à
minima qu’une solution d’accompagnement des fins de carrière des exploitants
soit mise en place. La FNSEA propose que soient ouvertes des possibilités de
départs anticipés pour raison de santé ou difficultés économiques. Des aides au
paiement des cotisations volontaires vieillesse pourraient également être
envisagées.
Minimum vieillesse
Concernant l’exclusion du capital d’exploitation et des bâtiments
indissociables de l’appréciation de la valeur de l’actif net successoral en cas
de recours sur succession suite à l’attribution de l’allocation de solidarité
aux personnes âgées (ASPA), la FNSEA estime que la mesure permettra d’inciter
les anciens exploitants agricoles à faire appel au « Minimum vieillesse » alors
même qu’ils vivent avec des ressources extrêmement faibles. Aujourd’hui, par
crainte de cette récupération sur la succession, de nombreux retraités agricoles
renoncent au bénéfice du Minimum vieillesse.
Affiliation des conjoints et aides familiaux à la Retraite
Complémentaire Obligatoire
Pour la FNSEA, cette affiliation est une mesure de progrès social.
Toutefois, cette mesure se traduira en réalité par une augmentation des droits
perçus que très progressivement. Lors de la mise en place de la RCO en 2003, les
anciens chefs d’exploitation avaient bénéficié de droits gratuits. Pour la
FNSEA, il serait utile qu’une mesure d’accompagnement pour les conjoints ayant
les pensions les plus faibles puisse voir le jour. D’autre part, la question,
renvoyée à un décret, du niveau de la cotisation et par conséquent du niveau de
prestation, est centrale.
Source : D’après la FNSEA